Single and Fabulous...?

Les tribulations d'une parisenne dans Paris: célibataire (désespérement), fumeuse (mode cheminée), alcoolique (un peu) et névrosée (juste comme il faut)...

mercredi 29 juillet 2009

La fascination du pire*

Bord_cadre
Jean Teulé et Endemol, même combat?

J'aime bien Jean Teulé. J'avoue.
Peut-être parce que il m'évoque de vieux souvenirs naphtalineux de petite fille posée devant l'assiette anglaise, histoire de partager un peu avec sa Maman, peut-être parce que son écriture est à mon sens comme un pont entre Houellebecq et Schmitt; en tout cas parce que, même si son style est bien reconnaissable, il arrive encore à me surprendre et en tout cas toujours me procurer des émotions intéressantes.

J'ai été attirée par ce livre sur plusieurs points : le nom de son auteur (donc), sa  première de couverture (que je trouve magnifique de simplicité) et son titre (qui m'évoque une sensualité innée alors que justement, son sens le plus strict n'a rien de poétique). En bref, je suis tombée amoureuse au premier coup d'oeil, sans même essayer de lire la quatrième, réflexe que j'ai pourtant systématiquement, même pour les auteurs en qui j'ai confiance.

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N'étant pas, en règle générale, fan-fan des grands romans romantiques [oui, oui, même si je lis Scmitt], il faut admettre que la façon d'aborder l'histoire d'amour diffère des clichés du genre.

Déjà, Teulé parle de cul. Parce que c'est vrai que la plupart des romans pour filles abordent aisément la cristallisation, mais le sexe, pourtant si important dans les relations amoureuses, n'est quasiment jamais abordé, ou alors de manière très romantique.
Alors que moi, typiquement, je suis désolée, mais quand j'ai un Jules, les *Brouette Sessions* sont équitablement réparties entre jolis moments intenses les zyeux-dans-les-zyeux et parties de jambes en l'air nettement plus sportives... Et sans pour autant tomber dans les scènes d'amour dans les boîtes à partouze de Houellebecq, c'est sûr que là, on rentre un peu plus dans la vraie vie de couple, et ça fait du bien.

Autre originalité du bouquin, la façon d'aborder la relation amoureuse par sa destruction et non par sa naissance.
[Pitchounet :]
Marc, écrivain peu prolixe et Léone, agent assureur d'objets d'art, sont deux quadras solitaires qui se rencontrent chez leur ami commun, un peintre au coup de pinceau et aux moeurs pour le moins glauques. Afin de s'aider à créer ce qu'il souhaite être son chef-d'oeuvre, ce dernier décide alors de réunir ces deux "âmes en peine" [pouaaaah, les expressions de filles] pour ensuite briser leur jeune couple fusionnel en éclats, les démolissants par la même occasion. Sa méthode est simple : il souffle à Marc, en mal d'inspiration, une idée de roman d'amour à l'envers. Plutôt que de bêtement parler d'amour, il abordera la décrépitude des sentiments, et le transfert sur son propre couple deviendra alors bien logiquement inévitable.

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Sincèrement, très joli petit roman, intéressant sur le fond, avec un style toujours aussi agréable depuis Rainbow pour Rimbaud.
Une belle fenêtre sur la phénoménale perméabilité du genre humain à la manipulation.

Mais j'avoue, le sujet devient d'autant plus interpellant quand, une nuit d'insomnie, on tombe sur Secret Story et qu'on constate que M. Endemol a osé la même expérience dans la vraie vie, et qu'apparemment les Marc et Léone du petit écran se prennent vachement au jeu.
Je suis certainement bien trop naïve et fleur-bleue, mon (ma) petit(e) lecteur (lectrice) chéri(e), mais que veux-tu, moi, ça m'épatate encore.





* : merci,
Florian**
** : pour ton titre, hein, pas le roman en lui-même

Posté par singlegal à 11:59 - Culture et dépendances - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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