jeudi 31 janvier 2008
World Literature Entertainment presents:
Pour Noël, j'ai eu droit notamment à deux romans, forts prometteurs sur les 1ères et 4èmes de couvertures. "Oui, mais voilà, qu'en est-il du reste du livre?", me demanderas-tu (et tu auras raison). Mais tu serais tout autant en droit d'interjecter violemment "mais flûte, Ams, pourquoi ne parles-tu jamais de sport sur ce Fabulous Blog?" (et là non-plus, je ne saurais trouver les mots pour te contredire).
Alors voilà, histoire de te satisfaire, lecteur (lectrice) exigeant(e), et de calmer temporairement tes ardeurs, toi qui admires les mâles musclés en plein effort physique et qui serait prêt(e) à hypothéquer ta mère et ton chien pour les voir en vrai [bah ui, le ZuperBaul n'est que dimanche prochain après tout...], laisse-moi te convier au match de catch de l'année, que dis-je, c'est une rencontre titanesque, un véritable choc littéraire et culturel:
J'annonce, à ma gauche, le bouffeur de vermine des beaux quartiers, la fashionista annonceuse de printemps : Erinaceus Glamoruuuuuus! A ma droite, le martyre de la neuropathologie, le psychanalyste furieux : Sigmuuuuuuuund Superstaaar!!
Bon, c'est pas tout ça, les conneries, mais en vrai il s'agit de L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery et de L'interprétation des meurtres, de Jed Rubenfeld.
Avouons avant tout que le parallèle est assez improbable, du fait-même que ces deux romans n'ont strictement rien de comparables. [bah ça commence bien...]
Seul point commun un peu tiré par les cheveux, je l'avoue: ils font tous les deux écho à la fameuse ouverture d'Anna Karénine "Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon."
Dans le roman de Barbery, cette phrase représente en quelque sorte la clé de voûte de tout le roman: un gimmick au propre et au figuré autour duquel, à mon sens, l'essentiel de l'histoire se construit.
A contrario, Jed Rubenfeld veut probablement créer un effet miroir d'avec l'oeuvre de Tolstoï en écrivant à la première ligne "Il n'y a point de mystère au bonheur. Les malheureux se ressemblent tous."
Captivant Intriguant, n'est-ce pas?
Voilà. A part, ça, pas la peine de chercher Charlie, il est pas là ["raaah l'encuuuul*!"].
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En fait, L'élégance du hérisson est une sorte d'image en abîme à lui tout seul. Je m'explique: le titre est justifié par un propos tenu par la jeune Paloma, une des deux héroïnes du livre, quand elle évoque dans son journal intime l'autre personnage principal. Elle la compare alors au petit mamifère insectivore, tant cette dernière peut avoir un aspect "rêche" et peu attractif de prime abord, alors que, si l'on creuse un peu, on tombe forcément sous le charme étrange et délicat du mystérieux animal.
Eh bien, à mon sens, ce livre incarne lui-même assez bien la métaphore. A première vue, encore un roman néo-bobo où l'intellectualisme sous-jacent et le phrasé regorgeant d'un vocabulaire savant à l'extrême tente [en vain?] de réhausser la faiblesse du scénario, qui se complait dans de la tautologie-de-pilier-de-bar (lutte des classes, ambiguité des rapports liants l'argent au bonheur, etc.)
QUE NENNI! Le ton, certes recherché, est d'une justesse rare, qualifiée par un humour féroce ne fleurtant pourtant jamais avec le graveleux.
Typiquement, im-poss-ible, entre deux pages tournées, de ne pas pouffer de rire en lisant ce bouquin.
[Nota: je conseille d'ailleurs moyennement L'élégance du hérisson en compagnon de lecture à une terrasse du XVème quand on n'assume pas le regard empli de condescendance des populations autochtones]
En fin de compte, ce livre se laisse dévorer comme un bon tartare: un subtil dosage de cru et de raffinement, de classique et d'originalité, de douceur amère et de force toute en équilibre pour aboutir à un véritable régal des sens et des méninges.
American Beauty en livre.
Et à ceux qui me trouvent trop attendrie par une histoire qui, en fin de compte, n'est pas si originale que ça, je répondrais que ce n'est pas tant l'histoire qui importe que la façon dont elle est comptée.
Conclusion:
La 4ème de couverture ne m'a pas tout dit [Glop glop!]
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Vendu partout comme étant le premier livre d'un Jed Rubenfeld [jusque-là, c'est vrai] complètement gonflé d'avoir pris Freud comme personnage principal [Mouuuuuuuuuuuuuuuais, vite fait] menant l'enquête au sein de cette intrigue policière ["circulez, rien à voir" ou, plus sobrement et pour citer Mel Brooks: "Mon cul! Mon cul!"] ce livre est une grande déception -en ce qui me concerne, of course.
L'intrigue se veut trop pleine de rebondissements, tellement que bon, j'ai fini juste pour finir, mais question suspensme: j'ai été plus prise aux tripes par les intrigues amoureuses des romans de Florian Zeller...
En plus, le coup des narrations imbriquées, c'est bien quand c'est du Tarantino, mais là, franchement, c'était tout rapé, autant que de faire intervenir les "méchants" de manière régulière à la mode cadrage de film d'horreur (eg. une main inconnue qui coupe les câbles du téléphone, des pieds qui avancent à pas feutré dans un couloir, etc.)
Et encore, lecteur (lectrice), je t'épargne les Palmes d'or décernées dans la catégorie cliché repérable à 300m...
(eg. le héro jeune-premier qui prend une balle pour sauver la jeune-première:
_ "Allez-vous mourir?"
_ "Oui"
_ "Oh mon dieu oh mon dieu, mais je vous aime"
_ "Eh bien, appellons une ambulance, voulez-vous?"
_ "Mais....Je croyais... Que..."
_ "Oui, je vais mourir, mais pas à cause de cette ridicule éraflure [Mouhahaha]" )
Bref, c'est long, c'est assez chiant, et trèèèèèèèèèèèès loin d'être terrifiant.
Conclusion:
La 4ème de couverture m'a menti... [Pasglop.]
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